Un chef-d’œuvre haut en couleur

https://www.franceinter.fr/cruiser-production/2016/08/ff8dace7-0041-4c1d-ada2-62bc914eaa69/x510_new-york-esquisses-nocturnes-molly-prentiss.jpg.pagespeed.ic.wU4ADx4ctl.jpg
©calmannlevy (clique sur l'image pour voir la couverture en entier)



Titre : New York, esquisses nocturnes
Auteur : Molly Prentiss
Édition : Calmann-Lévy
Nombre de pages : 416 pages
Parution : Août 2016
ISBN : 9782702159569





Au début des années 80, le downtown de New York est le centre de l’univers, un terrain de jeu revêche, encore hermétique à la menace de l’embourgeoisement. Artistes et écrivains s’y mêlent dans des squats  insalubres où leurs rêves de reconnaissance prennent des formes multiples. Parmi eux, Raul Engales, un peintre argentin en exil, fuyant son passé et la « guerre sale » qui a enflammé son pays. S’affamant pour payer son matériel, il peint le jour d’immenses toiles mettant en scène les spectres qu’il croise la nuit. Un soir, il attire l’attention de James Bennett, critique d’art en vogue du New York Times, proche de Basquiat, Warhol et Keith Haring. Tandis que l’ascension fulgurante de l’un entraîne l’autre sous les projecteurs, une double tragédie les frappe. Dans ce chaos, Lucy, l’amante enjouée de Raul, échappée d’une obscure banlieue de l’Idaho, tente de les extraire de leur détresse. Entre peintre, critique et muse se dessine alors un triptyque amoureux étourdissant. Avec une écriture inventive d’une grande force poétique, Molly Prentiss explore la nécessité de beauté, de partage, de création et d’amour dans un paysage urbain et mouvant. 

Je le dis, redis et me répète : ce livre est un chef-d’œuvre, une œuvre d'art, un tableau incroyable. Bien qu'il s'agisse d'une traduction et qu'il est donc parfois difficile de juger de l'écriture d'un auteur dans une autre langue, je dois admettre qu'ici je suis époustouflée. Un grand bravo à l'auteur (et à Nathalie Bru, sa traductrice française !) pour le travail qui a été fait car cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi bien écrit. Il va être difficile de rendre justice à ce livre, mais je vais faire de mon mieux.

À travers ce roman, Molly Prentiss nous dresse un portrait du New-York des années 80 et de ses artistes ; et en particulier d'un artiste, Raul Engales, un jeune peintre venu de Buenos Aires pour recommencer une nouvelle vie. Un inconnu qui ne le restera pas longtemps grâce aux yeux du très apprécié James Bennett, critique d'art pour le New-York Times, qui a lui seul est capable de lancer la carrière d'un artiste. Ce qui l'a frappé chez Engales ? Son portrait rayonnant de Lucy, une jeune femme d'à peine vingt-deux ans et amante du peintre. Dès lors, leurs vies vont se mêler, pour ne pas dire s'emmêler et s’imbriquer les unes dans les autres. Plus qu'un portrait, c'est un merveilleux triptyque que nous offre Molly Prentiss remplis de rêves, de joie, de couleurs, de talents, mais aussi de désastres et grands malheurs. Quand l'un tombe, l'autre se relève, mais un autre tombe à son tour et ainsi s'en suit ce cercle infernal qui mènera nos personnages à leur perte (ou non, question de point de vue).

Par ailleurs, si l'histoire est globalement centrée sur l'artiste, la muse et le critique, on n'en retrouve pas moins de détails sur le monde de l'art. On découvre un milieu très fermé, avec de nombreux codes et des personnes influentes qu'il faut absolument connaître pour se faire une place sur le marché. On entend des noms, on découvre des auteurs, des artistes adulés et d'autres dans l'ombre. On sillonne à travers les squats et galeries d'art, les yeux émerveillés par tant de beauté, d’ingéniosité derrière chaque mot et chaque œuvre.

Et puis Esquisses nocturnes parce qu'au final, toute grande œuvre est née la nuit, dans les profondeurs du downtown de New-York. Un moment privilégié qui permet à nos artistes de s'abandonner à leur imagination, de laisser leurs rêves prendre le pas sur leur réalité et ainsi créer ce qui les mènera à l'apogée de leur existence, dans la lignée du célèbre rêve américain, ou au contraire, contribuer à leur perte.

Si je ne devais reprocher qu'une chose à ce roman, ce serait son épaisseur. J'aurais tellement aimé en savoir plus sur James et sa vision de l'art, toutes ces couleurs qui le hantent ; sur Raul Engales, sur son passé en Argentine, et son futur aux côtés de Julian ; sur Lucy, son indépendance, ses choix après cette difficile année qu'a été 1983. Sans vous mentir, j'en aurais lu encore des centaines et des centaines de pages. 

Je remercie infiniment les éditions Calmann-Lévy de m'avoir fait confiance et de m'avoir fait parvenir ce roman. C'est une incroyable découverte qui rejoint sans hésiter le top 10 de mes livres favoris !

Pauline, fondatrice de Mangeons les livres

Étudiante en Lettres/Communication/Cultures numériques, j'ai lancé ce blog en 2015 afin d'échanger avec vous sur mes lectures. Cela représente comme une sorte de compromis pour moi qui suis à la fois « geek » et rat de bibliothèque. Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez m'envoyer un email à mangeonsleslivres@gmail.com, et/ou me rejoindre sur mes réseaux sociaux.

4 commentaires:

  1. Avec une telle chronique, comment ne pas avoir envie de le lire !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh merci beaucoup ! Ça me touche vraiment ce que tu me dis là! Et oui je ne peux que t'encourager à le lire :P

      Supprimer

Instagram