Une femme libre est exactement le contraire d'une femme légère (Simone de Beauvoir)

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©folio (cliquez sur l'image pour voir la couverture en entier)


Titre : Nous sommes tous des féministes, 
suivi des Marieuses
Auteur : Chimamanda Ngozi Adichie
Édition : Folio
Nombre de pages : 96 pages
Parution :  Janvier 2015
ISBN : 9782070464586 




« Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement. ». Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.  

Un article qui annonce la couleur de cette semaine : les femmes seront à l'honneur ! Et c'est un petit ouvrage de Chimamanda Ngozi Adichie qui va nous permettre de rappeler à tous l'importance de la cause féministe.

Dans un premier temps, nous avons un court texte qui est une version modifiée d'une conférence qu'avait donné l'auteur en décembre 2012 au TEDxEuston, un colloque annuel consacré à l'Afrique. En se basant sur sa propre expérience, Chimamanda Ngozi Adichie revendique sa position de féministe, comment elle la définit, comme elle la vit. Elle met donc beaucoup en avant les différences qu'elle a pu observer à ce sujet entre l'Afrique et les pays occidentaux pour ensuite faire des constatations générales.

La première chose qu'elle rappelle est la connotation très négative qui est souvent associée au terme de féministe. Loin de correspondre à la véritable définition du féminisme qui prône une égalité sociale, politique et économique des sexes, la féministe est souvent considérée comme une personne qui déteste les hommes, souhaite tout diriger, ne se maquille et/ou ne s'épile pas. Ce n'est pas ça être féministe. Féminine et féministe ne sont pas des antonymes. Vous pouvez vous baladez sur des talons hauts et porter du rouge à lèvres non parce que vous cherchez à plaire à quelqu'un, non parce que vous devez le faire, mais parce que vous aimez ça.

Le deuxième point important qui m'a marqué dans son discours est celui sur l'éducation. Bien que certaines pratiques ont évolué depuis, nous avons toujours tendance à dire (ou faire comprendre) aux filles qu'elles doivent s'effacer pour que l'homme puisse exprimer sa virilité, et ainsi ne pas blesser son égo. Pourquoi ? Parce que l'on apprend aux garçons à redouter la faiblesse, la vulnérabilité. Ils ne peuvent qu'être des hommes viriles. Il faut donc que les femmes fassent en sorte de ne pas les « émasculer ». Mais l'ambition et la réussite d'une femme sont-elles vraiment une menace pour les hommes ? J'en doute fortement et je reste persuadée que l'un n'empêche pas l'autre.

Et si, dans l'éducation que nous donnons à nos enfants, nous nous concentrions sur leurs aptitudes plutôt que sur leur sexe ? Sur leurs centres d'intérêt plutôt que sur leur sexe ? 

Avec ce texte, l'auteur nous rappelle donc l'importance et la pertinence du féminisme, et ce dans le monde entier. Il s'agit en effet d'un combat toujours d'actualité même si certains aiment à penser le contraire. Bien sûr nous avons plus de droits que nos mères, que nos grands-mères, ou que toutes celles bien avant encore, mais cela ne signifie malheureusement pas que la lutte est terminée.

L'être le mieux qualifié pour diriger n'est pas le plus fort physiquement. C'est le plus intelligent, le plus cultivé, le plus créatif, le plus inventif. Les hormones ne jouent aucun rôle dans ces qualités. Un homme peut être, aussi bien qu'une femme, intelligent, cultivé, créatif, inventif. Nous avons évolué. Nos idées sur la question du genre, en revanche, n'ont pas beaucoup progressé.

La deuxième partie de ce livre est consacrée à Les Marieuses, une nouvelle tirée du recueil Autour de ton cou de Chimamanda Ngozi Adichie. On y retrouve une jeune nigérienne, Chinaza Agatha Okafor, récemment mariée à un américain et futur médecin. Quand le récit commence, elle vient d’emménager avec lui aux États-Unis. Si cela semble être une ouverture vers un monde meilleur pour sa famille, il n'en n'est rien pour elle. En effet, une fois sur place, elle découvre avec peine qu'elle doit abandonner tout ce qui fait d'elle une nigérienne pour se fondre dans la masse. 

L'auteur nous conte ainsi, d'une écriture simple et fluide, le récit poignant d'une jeune femme condamnée à la soumission de son mari, mais avec une note d'espoir à la fin, ce qui nous donne bien envie de découvrir la suite.

Ce n'est certainement pas l'ouvrage le plus complet que vous pourrez trouver sur le féminisme, mais le point de vue de Chimamanda Ngozi Adichie est vraiment intéressant, et pour la modique somme de 2 €, pourquoi s'en priver !

Pauline, fondatrice de Mangeons les livres

Étudiante en Lettres/Communication/Cultures numériques, j'ai lancé ce blog en 2015 afin d'échanger avec vous sur mes lectures. Cela représente comme une sorte de compromis pour moi qui suis à la fois « geek » et rat de bibliothèque. Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez m'envoyer un email à mangeonsleslivres@gmail.com, et/ou me rejoindre sur mes réseaux sociaux.

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