Article 93 du catalogue : « La femme aux multiples portraits », Mangeons les livres, mots sur clavier, 710.5x1859.2px, 2017.

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©Calmann-Lévy (cliquez sur l'image pour voir la couverture en entier)


 Titre : La galerie des maris disparus
Auteur : Natasha Solomons
Édition : Calmann-Lévy
Nombre de pages : 352 pages
Parution : Avril 2014
ISBN : 9782702153963

 

 

 Le résumé de l'éditeur :

Quand son mari se volatilise, Juliet Montague disparaît à son tour. Ni veuve ni divorcée, elle n’a pas le droit de refaire sa vie selon les règles de la communauté juive à laquelle elle appartient. Juliet s'efforce pourtant de son mieux d'assumer le quotidien et d'élever ses deux enfants. Mais le jour de ses trente ans, un matin de l’hiver 1958, elle prend une décision tout sauf raisonnable : au lieu de consacrer ses économies à l'achat d'un réfrigérateur, elle s'offre un portrait à son effigie. Ce tableau, premier d’une longue série, signe le début de son émancipation : passionnée de peinture, Juliet va peu à peu repérer les talents émergents, frayer avec le gotha artistique de Londres et ouvrir sa propre galerie. Ses nouvelles amitiés et, plus tard, son amour pour un brillant peintre reclus dans sa maison du Dorset l’aideront à affronter les commérages et la réprobation des siens. Mais Juliet reste enchaînée et, pour se sentir tout à fait libre, il lui reste un mystère à élucider...

Mon avis :

J'avais déjà lu auparavant les deux premiers romans de Natasha Solomons, Jack Ronsenblum rêve en anglais et Le Manoir de Tyneford, que j'avais beaucoup apprécié. Alors c'est sans crainte que je me suis lancée dans cette lecture. Et j'avais raison de ne pas m'inquiéter : ce troisième roman est excellent !

Par où commencer ? Alors qu'elle vient tout juste d'avoir trente ans, Juliet Montague décide contre toute attente de s'offrir un tableau à son effigie. Ce tableau est pour moi l'élément déclencheur de toute l'histoire, avant même la disparition de son mari. Le symbole même qui va redonner un sens à la vie de Juliet (ou presque). C'est grâce à ce tableau qu'elle va se (ré)intéresser à la peinture et à sa propre histoire, qu'elle va remettre en cause son statut, sa famille, son environnement, son passé. Ainsi, chaque chapitre porte le nom d'un tableau, et chaque tableau retrace un fragment de la vie de Juliet.

Si tu n’aimes pas un tableau, tu devrais en peindre un qui soit meilleur. On ne détruit pas les œuvres d’art, Leonard. En particulier les portraits. Les mystiques croyaient que les portraits, peints ou photographiques, contiennent une partie de l’âme du modèle. Mal exécutés ou non, ils sont dangereux. Il faut les traiter avec respect.

Tout au long de l'histoire, on suit donc Juliet dans sa quête d'identité et de liberté. Alors qu'elle vient d'un milieu juif très conservateur, elle va se mettre à côtoyer le milieu artistique londonien des années 60, un monde décomplexé où la nudité n'est pas un problème, où la drogue règne, et où l'homosexualité est revendiqué. Bien que ce monde ne lui est absolument pas familier (d'autant plus pour une femme à l'époque !), que sa famille désapprouve complètement ses choix, elle ne va jamais laisser tomber et se dévouer toujours plus pour cette galerie et ses artistes. 

Peu m'importe la mode dans les arts car, à vrai dire, j'ignore ce qui est tendance ou ce qui ne l'est pas. Je choisis une oeuvre par rapport au frisson qu'elle me donne. Les tableaux réunis ici ont cet effet sur moi. J'espère qu'ils provoqueront aussi en vous l'impression que quelque chose remue dans votre âme.

Personnellement, j'ai beaucoup aimé cet univers et tous les personnages qui gravitent autour : des peintres affectionnés par Juliet comme Charlie, Jim, Philip ou Max, à son fils Leonard, artiste dans l'âme, tous ont un rôle à jouer dans cette histoire. Même les personnages secondaires sont intéressants à découvrir, comme Tibor Jankay qu'elle rencontre lors de l'un de ses voyages pour retrouver son mari George.

De plus, il a tellement de petites choses qui démontrent que rien n'est laissé au hasard, que chaque petit détail compte. Un exemple : tout le monde porte des lunettes dans la famille de Juliet. Son père est lui-même opticien et considère les lunettes comme une bénédiction. Mais Juliet, elle, n'en a jamais eu besoin. Et lorsque l'on réfléchit bien, on réalise alors qu'il s'agit de la raison pour laquelle Juliet est la seule de son entourage à voir le monde sous un autre angle.

L'art remplit une autre fonction : il nous aide à voir le monde de façon plus nette. Comme les lunettes chères à mon père, l'art aiguise notre perception. Si après avoir vu les oiseaux de Max ou les baigneurs de Jim, nous regardons vers la mer, il y a des chances pour que nous la comprenions mieux.

J'aurais tellement de choses à dire sur ce roman, mais je préfère ne pas trop vous en dévoiler pour que vous puissiez le découvrir et l'apprécier par vous-même. Pour résumer, je dirais donc que c'est le récit de l'émancipation d'une femme de caractère qui a choisi d'être elle-même plutôt que de se ranger dans les cases de la société, qui a préféré écouter son cœur plutôt que la raison. Et finalement, ça lui a plutôt bien réussi !

Pauline, fondatrice de Mangeons les livres

Étudiante en Lettres/Communication/Cultures numériques, j'ai lancé ce blog en 2015 afin d'échanger avec vous sur mes lectures. Cela représente comme une sorte de compromis pour moi qui suis à la fois « geek » et rat de bibliothèque. Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez m'envoyer un email à mangeonsleslivres@gmail.com, et/ou me rejoindre sur mes réseaux sociaux.

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