Focus sur... Les mangas (par cible éditoriale)



Même si je lis des mangas depuis plus ou moins l'âge de douze ans, je suis bien loin d'être une experte en la matière. Mais au fil des années, j'ai appris à distinguer les différents « genres » que proposent ces bandes dessinées japonaises et surtout à en apprécier certains. C'est pourquoi aujourd'hui je vous propose une petite sélection de mangas qui m'ont beaucoup plus ou qui ont attiré mon attention ces dernières années.

J'ai divisé ce focus en trois parties selon la cible éditoriale de chaque manga. En effet, il faut savoir que les japonais ont mis en place une politique éditoriale de segmentation très spécifique. Le marché est segmenté par sexe et par âge beaucoup plus que dans les bandes dessinées classiques. Mais cela ne vous empêche absolument pas de lire des mangas dit « pour garçons » si vous êtes une fille et inversement. Cela ne reste que des cibles, une estimation du public potentiel.

1. Les mangas de type shojo :

Shojo est un mot japonais qui signifie jeune fille (ou petite fille). On comprend donc que les mangas shojo sont plutôt destinés à un public jeune et féminin car l'on considère que ce sont des mangas plus sentimentaux, plus « girly » . Ce sont les premiers mangas qui m'ont interpellé et que j'ai lu.

La première série du genre que je souhaitais vous présenter est Hana Yori Dango de Yoko Kamio. Je pense qu'on fait difficilement plus cliché comme manga à l'heure actuelle (quoi que, les japonais sont assez fort dans ce domaine). Il s'agit de l'histoire de Tsukushi Makino, une jeune fille de seize ans, qui fait sa rentrée dans une célébre école privé où l'on ne trouve que les enfants des personnes les plus puissantes et influentes du japon. Le bémol : Tsukushi est issue d'un milieu modeste. Si elle a réussi à rentrer dans cette école, c'est grâce à ses parents qui ont tout sacrifié pour l'envoyer là-bas, dans l'espoir qu'elle y trouve un beau et riche prétendant. Cependant, dans ce lycée, personne ne veut d'elle, et surtout pas les membres du F4, un groupe de quatre garçons imbus d'eux-mêmes et plus riches que n'importe qui dans l'établissement. C'est eux qui font la loi à Eitoku en distribuant des cartons rouges à quiconque se mettant en travers de leur passage. Et si l'on reçoit un carton rouge, on se retrouver persécuter violemment par toute l'école. Et comme vous vous en douter, Tsukushi va recevoir l'un de ces affreux cartons rouges. Sauf que la jeune fille a énormément de caractère, et c'est probablement là le point fort de ce manga, et elle ne va pas se laisser faire par le groupe. S'en suit de nombreuses aventures tantôt violentes, tantôt amusantes, sur une durée de 37 tomes (eh oui ! Heureusement pour moi, une amie les avait tous en sa possession et a pu me les prêter). Cette série est assez sympa à lire. Elle rentre vraiment dans la catégorie shojo par excellence, c'est-à-dire qu'elle convient parfaitement à des jeunes filles de 12-13 ans. Les personnages sont vraiment attachants, surtout Tsukasa Dômyôji, l'un des membres du F4, le plus méchant à première vue, mais bien loin d'être un démon. Comme je l'ai dit précédemment également, j'adore le caractère de Tsukushi. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, elle défend ses choix et ses valeurs, serait prête à tout pour sa famille et ses amis. Si l'histoire vous intéresse, mais que vous ne souhaitez pas lire les 37 tomes, je ne peux que vous conseiller l'adaptation en drama japonais qui a été réalisé. J'ai d'ailleurs moi-même vu la série avant de lire les livres et je dois dire qu'encore aujourd'hui, je l'affectionne tout particulièrement. Vous pouvez trouver les épisodes ici (en VOSTFR). Par contre, si vous lisez les livres, vous allez être surpris par l'évolution flagrante des dessins ! Autant, il faut l'admettre, les premiers tomes ne sont vraiment pas terribles, autant les derniers sont beaucoup plus beaux et agréables à lire.

La seconde série que je voulais aborder avec vous est Five de Shiori Furukawa. Je l'ai découverte à peu près à la même période. Dans cette histoire, on découvre le personnage d'Hina Asō, une jeune adolescente qui toute sa vie s'est retrouvée baladée de ville en ville à cause des mutations de son père. Jusqu'au jour où celui-ci trouve enfin un poste fixe et décide donc d'inscrire Hina au lycée. Hina est plus qu'impatiente de découvrir l'école où elle va enfin pouvoir vivre la vie d'une lycéenne normale, et notamment se faire des amies. Le problème, c'est que dans ce lycée, les élèves sont réparties par niveau, et Hina disposant d'un très bon bulletin scolaire, se retrouve dans la classe des A+. Classe des plus brillants élèves du lycée mais surtout... exclusivement masculine. Hina va donc devoir essayer de s'intégrer à cette classe sans le moindre soutien féminin. Heureusement pour elle, Toshi Shimizu, le leader des cinq élèves les plus doués — mais aussi les plus turbulents — de la classe des A+ décide de la prendre sous son aile. On retrouve un peu le schéma que dans Hana Yori Dango, si ce n'est que je trouve cette série beaucoup plus drôle et légère. Les cinq garçons ont tous un caractère bien définis qui font leur charme. Je n'en suis cependant qu'au tome 5 sur les 15 parus, donc je ne peux pas vous en dire beaucoup plus. Mais de ce que j'ai lu, c'est vraiment un manga très agréable à lire, très amusant (certaines situations sont vraiment rocambolesques !) et nous donne facilement le sourire.

Enfin, j'aimerais vous présenter un dernier manga pour cette catégorie. Un manga que j'ai lu tout récemment, et dont le dernier tome n'est même pas encore paru en France. Je parle d'Orange d'Ichigo Takano. Naho, une jeune lycéenne de seize ans (c'est très souvent le cas dans les shojo comme vous pouvez le remarquer) reçoit un jour une lettre du futur qu'elle aurait écrit elle-même il y a dix ans. Dans cette lettre, son futur-elle est rongée par les remords et lui demande de changer certains événements pour modifier son futur. Ce qui m'a vraiment plu dans ce manga, c'est l'alternance entre la jeune Naho et la Naho du futur, ce qui nous permet de voir l'évolution de l'histoire et l'impact des événements. Je n'ai lu que le tome 1 pour l'instant donc je ne peux pas trop m'avancer mais cette série me semble très prometteuse ! Et les dessins sont vraiment jolis je trouve, pour ma part.

Hana Yori Dango
Five
Orange
2. Les mangas de type shōnen :

À l'inverse, les shōnen sont eux considérés comme des mangas pour jeune garçon. Mais, comme je vous l'expliquais plus haut, ce terme ne désigne finalement qu'une cible éditorial et bon nombre de mangas à succès, appréciés autant par les filles que par les garçons, sont des mangas de type shōnen.

Pour commencer, je vais vous parler plutôt d'un mangaka que d'une seule série. Il s'agit de Yoshiki Tonogai, connu pour ses thrillers psychologiques à succès Doubt et Judge, et beaucoup plus récemment, Secret. Ces trois séries ont toutes un point commun : chaque histoire se déroule comme dans un huis clos. Les personnages se connaissent tous et savent qu'il existe un tueur parmi eux qu'ils doivent absolument retrouvés au risque de se faire tuer à leur tour. Après chaque série aborde ce thème de manières différentes, mais l'idée reste la même. On pourrait penser qu'à force, on arrive à déjouer les ruses, que l'on découvre plus rapidement les tueurs, mais pas du tout. Yoshiki Tonogai réussi toujours à nous retourner le cerveau et nous surprendre à la fin. 

Une autre série dont je me devais de vous parler est Assassination Classroom de Yūsei Matsui. L'idée de base est complétement loufoque : Koro-sensei, une étrange créature capable de se déplacer à Mach 20 et possédant de longues tentacules aux fonctions variées, est responsable de la destruction partielle de la lune. Il projette par la suite de détruire également la terre, mais avant cela, il demande au gouvernement de devenir le professeur principal de la classe 3-E du collège Kunugigaoka, connu pour regrouper tous les cancres de l'école. Il souhaiterait les former en tant qu'assassins pour éliminer une cible bien précise : lui-même. On assiste donc tome après tome aux cours dispensés par Koro-sensei et aux tentatives d'assassinats de chaque élève. Comme vous pouvez le constater, ce manga est basé sur l'humour. Koro-sensei se révèle être un très bon professeur mais il se retrouve toujours dans des situations plus surprenantes les unes que les autres ce qui ne manque pas de nous faire rire. Si vous souhaitez passer un bon moment avec un manga, je vous conseille vraiment celui-là.

J'aimerais terminer avec un manga que je ne lis pas mais que je regarde : One Piece d'Eiichirō Oda. Manga le plus vendu au Japon, il relate les aventures d'un équipage de pirates ayant pour capitaine Monkey D. Luffy, dont le rêve est d'obtenir le One Piece, célèbre trésor inestimable qui pourra faire de lui le nouveau seigneur des pirates. Pour moi cette série est LE manga par excellence. L'univers dans lequel évoluent les personnages me fait rêver, me transporte à chaque aventure. De plus, on retrouve de nombreuses morales, des principes, des valeurs chères à l'auteur comme le respect, l'ouverture d'esprit, le courage, la confiance, l'importance de la famille et des amis, etc. On rit, on pleure, on stresse, on s'amuse... Vraiment, ce manga possède toutes les qualités nécessaires pour vous faire passer un bon moment tout en vous faisant réfléchir aux vices et vertus de ce monde, de notre monde.

Judge (Yoshiki Tonogai)
Assassination Classroom
One Piece
3. Les mangas de type seinen et josei :

Dernière catégorie de ce focus qui se trouve un peu au dessus des shojo et shōnen. Les seinen et josei sont des mangas destinés aux jeunes adultes. Généralement, on considère que la cible des seinen est plus masculine et celle des josei féminine mais une fois de plus, cela varie selon les goûts des lecteurs.

Pour ma part, je lis plus facilement du seinen. Récemment, j'ai lu deux nouvelles séries qui me semble très prometteuses.

La première est Ajin écrite par Tsunina Miura et dessinée par Gamon Sakurai. C'est l'histoire de Kei Nagai, un jeune étudiant, qui après s'être fait renversé par un camion, se relève sans trop de difficulté, révélant ainsi sa vraie nature au monde entier : Kei est un ajin, un être vivant immortel. Cependant, ces êtres sont considérés comme des criminels et le jeune garçon se retrouve alors pourchassé par toute la ville. Heureusement pour lui, son meilleur ami Kaito, qu'il connaît depuis sa plus tendre enfance, lui vient en aide. Après l'avoir sauvé des griffes d'un policier, ils fuient ensemble la ville pour se mettre à l’abri. Tout au long du récit, on découvre petit à petit ce que sont véritablement ces ajins et leurs « pouvoirs » en quelques sortes. Les dessins sont très beaux, bien que certains personnages ont un visage un peu trop enfantin à mon goût, notamment Kei et Kaito. Mais ce qui est vraiment intéressant dans ce manga, c'est tout l'univers qu'ont créé ces deux mangakas, ce monde parallèle, ces êtres mi-humain mi-démon ? Car l'on voit au fur et à mesure du manga que les ajins possèdent deux apparences : leur forme humaine et une forme... fantastique ? Démoniaque ? Ils sont surnommés les fantômes noirs par le peu de personne qui en connaissent leur existence. J'ai hâte de voir ce que va donner la suite (la sortie du tome 2 est prévue pour le 2 septembre) car on a encore beaucoup à apprendre sur ces ajins.

La seconde série qui selon moi vaut vraiment le détour est Lesson of the Evil de Karasuyama Eiji. À la base, il s'agit d'un roman de Kishi Yûsuke (qui a également était adapté en film en 2012 par Miike Takashi). L'histoire, à la base, est toute simple : un professeur d'anglais, Hasumi Seiji, adulé de tous, se retrouve à gérer la classe des premières 4, connue pour contenir les élèves les plus difficiles de l'école : violence, drogue, harcèlement, etc. Pour l'instant, on voit que Hasumi essaye par tous les moyens de rétablir l'ordre dans sa classe. Et par tous les moyens, j'entends même les plus malsains. En effet, petit à petit, on réalise que les bonnes intentions de ce professeur pour aider ses élèves sont motivés par quelque chose de bien plus sombre, et que finalement le lycée a confié cette classe à un dangereux psychopathe et non pas à un sympathique professeur. Même si on ressent parfois comme un malaise face aux attitudes de ce professeur, on a envie d'en savoir plus, de voir jusqu'où il est prêt à aller pour régler tous les problèmes des étudiants. C'est pourquoi j'ai hâte de lire le tome 3 !

Enfin, en échos à un précédent focus, je souhaitais vous reparler rapidement de Solanin d'Inio Asano. J'ai vraiment eu un gros coup de cœur pour ce manga. Les dessins sont vraiment époustouflants et l'histoire m'a énormément touché car elle parle d'une période de la vie que je suis moi-même en train de vivre, celle du passage à l'âge adulte et de toutes les complications que cela entraîne. Je ne vais pas m'éterniser plus longtemps sur ce manga car tout est déjà dit sur cet article que je vous invite d'ailleurs à lire si cette histoire vous intéresse.

Ajin
Lesson of the evil
Solanin

Pauline, fondatrice de Mangeons les livres

Étudiante en Lettres/Communication/Cultures numériques, j'ai lancé ce blog en 2015 afin d'échanger avec vous sur mes lectures. Cela représente comme une sorte de compromis pour moi qui suis à la fois « geek » et rat de bibliothèque. Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez m'envoyer un email à mangeonsleslivres@gmail.com, et/ou me rejoindre sur mes réseaux sociaux.

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