La nature, plus dévastatrice que n'importe quel conflit

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©belfond (clique sur l'image pour voir la couverture en entier)



Titre : Dans la chaleur de l'été
Auteur :
Édition : Belfond
Nombre de pages : 400 pages   
Parution : Mai 2016
ISBN : 9782714459382





Depuis le départ de Henry en 1917 pour les tranchées françaises, Missy Douglas n'a jamais cessé de penser à lui. Dix-huit ans plus tard, après avoir survécu à l'enfer et erré en Europe, Henry est de retour à Heron Key. Mais si l'homme n'a plus rien du garçon désinvolte de l'époque, la ville, elle, n'a pas changé : les Noirs subissent une ségrégation d'une violence inouïe. Parqués dans un camp insalubre, Henry et ses camarades vétérans cristallisent les plus grandes craintes et les plus folles rumeurs. La tension monte encore d'un cran lors des célébrations du 4 Juillet. Là, sur une plage scindée où Noirs et Blancs sont dûment séparés, les festivités vont bientôt prendre une tournure tragique : la femme d'un notable blanc vient d'être victime d'une attaque sauvage. Un nom est sur toutes les lèvres : Henry. C'est alors qu'éclate le plus terrible des ouragans. Dans une ville en plein chaos, Missy va tout tenter pour retrouver l'homme qu'elle aime.

Lorsque j'ai reçu par mail le résumé de ce roman, cela m'a tout de suite donné l'envie de le lire car cela touchait un sujet qui m'intéresse beaucoup : la ségrégation. Dans la même lignée, j'ai pu lire La couleur des sentiments de Kathryn Stockett, qui est d'ailleurs l'un de mes livres préférés, ou encore Sweet Sixteen d'Annelise Heurtier. Je remercie donc les éditions Belfond ainsi que l'équipe de Babelio pour ce roman. 

L'histoire commence le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, où l'on découvre tour à tour les différents habitants de ce petit village d'Heron Key. J'ai vraiment apprécié que l'auteur passe du temps sur chaque personnage, qu'il soit noir ou blanc, pour justement nous montrer les différents caractères, les différents point de vue sur la situation. On est dans les années 30, la ségrégation bat son plein, pourtant j'ai trouvé que l'auteur avait malgré tout bien romancé l'histoire car même si les Noirs et les Blancs sont bien distingués, ils semblent plutôt assez bien cohabiter ensemble. Il y a bien sûr des exceptions, mais j'ai tout de même été moins choquée par le racisme qu'avec d'autres lectures par exemple.

Au final, ce n'est pas tant les Noirs (j'entends par là les domestiques par exemple) qui dérangent les habitants, mais plutôt les vétérans, revenus de France après la Première Guerre Mondiale. Ils vivent parqués comme des animaux dans un camp et aident à la construction d'un pont pour relier le village à d'autres plus grandes villes. Suite à la guerre, à la pension qu'ils n'ont pas reçu de l'état, aux lynchages publics, ces hommes désespérés sont rapidement devenus aigris, désagréables voire dangereux, et donc peu appréciés par les autochtones. Il y a donc deux facettes dans ce livre, deux peurs prédominantes : celle des Noirs et celle des anciens soldats.

Et puis, il y a aussi deux événements marquants dans ce livre : tout d'abord, celui de l'attaque de Mme Kincaid, frappée pratiquement à mort dans la nuit du 4 juillet, et puis bien sûr, un peu plus tard, celui de l'ouragan. Ce livre est assez lent, les choses se mettent en place tout doucement, et certains trouveront peut-être que l'épisode de l'ouragan met trop de temps à arriver. Mais moi, au contraire, j'ai aimé cette lenteur qui permet de bien visualiser les lieux, les personnages, les histoires. J'ai adoré suivre la petite enquête du shérif pour retrouver le véritable coupable de l'attaque, j'ai aimé voir les relations évoluer entre les personnages, mais également en apprendre davantage sur les préparations nécessaires avant l'arrivée d'un ouragan.

L'épisode de l'ouragan est d'ailleurs très bien écrit, on entendrait presque le vent souffler. C'est puissant, frappant, voire effrayant. Cela montre vraiment le pouvoir que la nature peut avoir sur nous et sur tout ce que nous possédons : une fois un ouragan de cet envergure passé, il ne reste absolument plus rien. Tout est détruit, autant sur le plan matériel que sur le plan humain.

Le seul petit bémol pour moi serait peut-être la relation entre Henry et Missy. Finalement, on ne les voit que très peu ensemble, on a dû mal à comprendre ce qui les lie, et malheureusement on n'a que très peu d'informations sur leur relation avant la guerre. Leur histoire est mise un peu en arrière plan et pour le coup je trouve ça un peu dommage. Mais sinon, cela reste vraiment un bon livre pour lequel j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ! 

Pauline, fondatrice de Mangeons les livres

Étudiante en Lettres/Communication/Cultures numériques, j'ai lancé ce blog en 2015 afin d'échanger avec vous sur mes lectures. Cela représente comme une sorte de compromis pour moi qui suis à la fois « geek » et rat de bibliothèque. Si vous souhaitez me contacter, vous pouvez m'envoyer un email à mangeonsleslivres@gmail.com, et/ou me rejoindre sur mes réseaux sociaux.

2 commentaires:

  1. Bizarrement même si la couverture est sublime je ne me serais peut-être pas retournée sur ce roman en librairie... Mais je vois que j'ai tort, car toutes les revues sont hyper élogieuses à son sujet !

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    1. C'est pareil pour moi, si on ne me l'avait pas proposé, je ne m'y serais probablement pas arrêté, mais cela aurait été dommage car il est vraiment top comme livre!

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